Le Cercle des écritures de Nantes

Le lauréat du Prix du Premier Roman 2016 du Pays de Palluau sera peut-être…

In Atelier d'écriture, Concours, Edition, Le Cercle Nantais on juin 11, 2016 at 7:12

interviewerLe concours du Premier Roman 2016 du Pays de Palluau en Vendée réunit 10 participants de tout âge et de toute profession. Christine, Michelle, Emilie, Carole et Jim vivent dans le secteur de Palluau, Laure, Eliane, Arnaud et Philippe descendent en voiture depuis Nantes, Gaëlle habite la région parisienne et prend le train. De septembre 2015 à mai 2016, ils se sont retrouvés, à raison d’une fois par mois, dans un atelier d’écriture animé par Le Cercle des écritures de Nantes. A la fin,  un des auteurs sera publié par les éditions Le Jarosset, partenaires du concours, avec une diffusion du roman au niveau régional. La délibération aura lieu en juin 2016. Et le gagnant sera peut-être…

1 / Quel est votre nom ?

Christine Chateau Trichet.

2 / Qui êtes-vous, Christine ?

Dans ma vie privée, j’ai la chance d’être mère et grand-mère de trois grands enfants et trois petits-enfants. Je suis passionnée de musique de films et de musique classique. A part l’écriture et la photographie, j’aime marcher dans la campagne, la forêt ou au bord de la mer. Le silence et la solitude m’apaisent en contemplant la nature… Ces moments de quiétude me procurent aussi l’inspiration propice à l’écriture !

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Christine Chateau Trichet, écrivaine

Je suis nantaise et j’habite à St Hilaire-de-Riez en Vendée. Dans ma vie professionnelle, je suis manager dans un organisme public, acteur du logement social, depuis plus de trente ans. C’est une activité qui demande beaucoup d’investissement et chaque fin de semaine, je m’empresse de rejoindre ma commune du littoral pour me ressourcer.

Pendant mes congés, j’exerce la mission de reporter bénévole dans un centre d’accueil de pèlerins. Cela me donne l’occasion de réaliser des articles et des photos mais surtout de découvrir des personnes du monde entier. La richesse des cultures et du partage m’émeut toujours autant.

3 / Comment vous êtes-vous lancé dans ce concours ?

J’avais tout d’abord participé au concours de « Contes en pays de Pallau ». Depuis des années, je projetais d’écrire un roman mais, vite découragée, je remettais toujours au lendemain. Aurore Godin a monté ce projet d’atelier aux côtés de Damien Porte-Plume et m’a convaincue de saisir cette opportunité. En juillet 2015, je me suis donc lancée : quelques idées, un synopsis… puis vint la récompense de la sélection me permettant de concrétiser mon rêve d’écriture.

4 / Parlez-nous de votre premier roman…feuille-macro

Puisque le règlement du concours était basé sur le roman régional, j’ai fait vivre mes personnages au cœur du Pays de Palluau. Une partie de l’histoire se déroule aussi sur Nantes.

Mon histoire raconte une période de vie d’un talentueux biologiste qui met au point une formule écologique capable de détruire les mauvaises herbes. Il est blessé par la vie : la perte de son enfant, le départ de sa femme. Mais il s’acharne dans son travail pour surpasser sa douleur. Malheureusement, son invention est convoitée et le met en danger. Son assistante l’aime secrètement et lorsqu’il se trouve dans une situation désespérée, elle est à ses côtés pour l’aider en menant l’enquête à sa façon.

5 / Quelles sont vos sources d’inspiration ? Vos modèles ?

Au fil de mon récit, j’ai voulu parsemer mon roman d’émotion en y intégrant la joie, l’humour, la sensualité et la tristesse.

Je me suis beaucoup inspirée de mon quotidien professionnel. Dans le milieu dans lequel je travaille, des jardiniers entretiennent les espaces extérieurs aux abords des immeubles. Ils sont confrontés aux difficultés de ne plus utiliser d’herbicide chimique et leurs capacités physiques en souffrent. L’idée est partie de mon expérience puis j’ai rajouté une grande part de mon ressenti, de mes aspirations. Parfois, j’avais l’impression d’écrire « avec mes tripes », ce qui fait qu’une grande partie de ma personnalité se découvre au fil de ce roman.

Avec le recul, j’éprouve le frisson de constater que certains passages sont presque prémonitoires… Dans ma propre vie, la réalité a rattrapé la fiction un mois et demi après avoir achevé l’écriture de mon manuscrit…

6 / Comment vous êtes-vous organisés pour écrire ?

Lorsque l’on s’attelle à l’écriture, la première pensée : « Je n’aurai pas le temps… c’est de la folie ! ». J’ai appris que nos activités sont construites à partir des priorités que l’on veut bien s’accorder.

Aussi, entre les mois d’octobre et avril, j’ai consacré près de 400 heures à l’écriture, sans compter la relecture entre avril et fin mai.

Au cours de mes déplacements professionnels, j’imaginais mon scénario. Il m’est même arrivé de devoir stationner mon véhicule afin de noter immédiatement mes idées dans un carnet.

La composition du récit s’est effectuée directement sur mon ordinateur… le soir, les week-ends surtout… avec l’avantage qu’elle s’est déroulée sur les mois les plus maussades de l’année. Ecrire en été  aurait été plus compliqué !

J’ai écrit dans ma maison avec de la musique en fond sonore, dans ma voiture face à la mer (j’ai eu froid en hiver), devant la télévision… avec des personnes un peu bavardes à mes côtés. Mais chaque fois, je me suis concentrée, isolée dans ma bulle magique.

bulle-magique

7 / Y a-t-il eu des moments difficiles ou des périodes d’euphorie ?

Deux moments ont été les plus difficiles : le début et la fin du roman.

Comment le commencer ? Entre le premier atelier et mes premières phrases, j’ai réfléchi pendant plus de deux semaines. Je savais ce que je voulais raconter. J’avais esquissé un plan mais au fil de l’écriture, j’ai dévié de cette maquette pour laisser libre cours à mon imagination.

La fin de l’histoire m’a semblée plus compliquée. Difficile de ne pas divulguer trop rapidement les éléments de conclusion pour maintenir le lecteur dans l’interrogation le plus longtemps possible.

Des périodes d’euphorie : lorsque mes doigts plus agiles sur le clavier couraient en accord avec mon cerveau, déclenchant ensemble une foule d’idées. Quel bonheur aussi de coucher ses propres émotions !

8 / Ecrire un roman qui se situe en Vendée, était-ce une envie de départ, une opportunité pour mieux connaître cette région ou une véritable gageure ?

Ecrire un roman en Vendée répondait aux consignes du concours. L’atelier d’écriture m’a permis de découvrir des lieux auxquels je me suis attachée où j’ai pu puiser mon inspiration.

Lorsque j’entre dans le bourg de Palluau, j’ai l’impression de me glisser dans mon roman. J’y reconnais la maison de mes personnages… le ruisseau qui coule tout près, et cette imposante église néogothique posée au cœur de la commune. Cet endroit me procure désormais un sentiment particulier, comme la faculté de pénétrer dans son propre rêve.

J’ai découvert avec enthousiasme les communes autour de Palluau. Les visites, les commentaires des intervenants m’ont permis de me situer dans cet espace vendéen à la fois charmant et rempli de mystères. J’ai utilisé la description d’un souterrain que nous avons visité, le château d’Apremont m’a donné quelques idées… Marcher au milieu des marais a offert plus de réalisme à mes écrits.Palluau-Vendée

9 / Quels sont les lieux où se déroule votre histoire ?

Palluau et ses environs – Nantes.

10 / Avez-vous parlé de votre projet d’écriture à des amis, à votre famille ? Qu’en pensent-ils ?

J’ai mis du temps avant d’en parler. Peut-être voulais-je être certaine de me sentir capable de tenir le cap à plus de 200 000 caractères (espaces compris) qui étaient attendus… J’en suis arrivée à 281 243 exactement.

Ce n’est donc qu’en début d’année que j’en ai véritablement parlé autour de moi. Des amis m’ont encouragée… d’autres sont restés sceptiques « Comment as-tu le temps de faire ça ?… »

D’autres encore attendent la sortie de mon roman pour me faire connaître dans leur cercle de lecture dédié aux nouveaux auteurs. Dans mon cadre professionnel, on me propose un article dans une publication interne et une interview pour illustrer la bibliothèque participative mise en place récemment. C’est gratifiant toutes ces propositions. L’enjeu est de taille et j’ai donc intérêt de ne pas les décevoir !

Mon but : faire plaisir en déclenchant l’émotion du lecteur.

11 / Vous pouviez demander un premier avis au comité de lecture, constitués de lecteurs bénévoles de la bibliothèque de Palluau. Avez-vous eu un premier retour de leur part ?

Je n’ai malheureusement pas eu de commentaires du comité de lecture… le suspense est grisant… Je sais cependant que j’ai été classée deuxième. C’est encourageant.

12 / Parlez-nous de votre tuteur écrivain ?

Je n’avais pas de tuteur.

13 / Comment se déroulaient les ateliers d’écriture ? Que vous apportaient-ils ?

Chaque rendez-vous d’atelier était vécu comme une rencontre importante. Se retrouver entre apprentis écrivains était rassurant. Chacun évoquait ses difficultés, son nombre de pages déjà réalisé… Les conseils de Damien Porte-Plume étaient enrichissants. Le soutien d’Aurore Godin encourageant.

amour-secret4Nos repas dans ce petit restaurant sympathique au cœur de Palluau favorisaient l’échange. Ces ateliers mensuels avaient un goût magique.

14 / Vous êtes-vous sentie en concurrence avec les autres participants ?

A aucun moment, je ne me suis sentie en concurrence avec les autres participants. C’est un lien d’amitié qui s’est développé au fil des rencontres.

Chacun a écrit sa propre histoire avec ses mots, sa culture, son inspiration et surtout avec l’ambition de terminer son roman dans le délai imposé.

15 / Pensez-vous les revoir après le concours ?

Un lien ne se coupe pas aussi brutalement. Puisque nous avons partagé la même expérience, nous ressentons aujourd’hui le besoin de nous revoir en parlant d’écriture sans doute. Pour certains, ce sera un roman unique, pour d’autres, un premier livre ouvrant la porte vers d’autres aventures. Il sera passionnant d’en discuter entre nous.

16 / Comment se sont passées les dernières semaines ? Où en êtes-vous aujourd’hui ?

J’ai terminé mon roman le 1er avril. Non, ce n’est pas une blague ! On ne stoppe pas six mois d’écriture aussi facilement. Et jusqu’au terme du délai, j’ai lu, relu sur mon écran d’ordinateur. J’ai imprimé le texte sur papier pour en avoir une autre perception… J’ai corrigé certains passages, retiré d’autres paragraphes, ajouté quelques détails…

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir du temps libre. Je vais profiter des mois d’été pour lire les manuscrits des autres participants. Et pourquoi pas élaborer un autre scénario ? Si j’obtiens les encouragements du jury, je ne résisterai pas au besoin d’écrire une autre histoire.

17 / Si vous pouviez remonter le temps, recommenceriez-vous l’aventure ?

Sans aucun doute, cette aventure a été formidable. Elle n’est d’ailleurs pas terminée. L’édition n’est pas acquise et mon rêve ne sera à son apogée que lorsque j’aurais le plaisir de dédicacer mon premier livre.

18 / Avez-vous un conseil à donner à un jeune auteur qui souhaite se lancer dans l’écriture de son premier roman ?

A tous ceux qui me disent « J’aimerais écrire comme toi », je réponds : « Mets-toi à l’ouvrage, pose tes premiers mots sur le papier, installe-toi devant ton écran d’ordinateur et laisse venir ton inspiration ». La tâche paraît toujours insurmontable lorsqu’on ne l’attaque pas. J’aurais pu demeurer ainsi longtemps au stade de « rêve » si Aurore ne m’avait pas motivée.

19 / Pensez-vous avoir une chance d’être l’heureux lauréat du Prix Premier Roman ? Si vous n’êtes pas retenu, que va-t-il se passer ? Qu’allez-vous faire ?

Forcément, j’aimerais être cette heureuse lauréate. Si je ne suis pas retenue, je chercherais un éditeur. Il m’est impossible d’imaginer conserver ce roman en format 21×29,7 relié par une simple spirale. Mon but est de le voir dans son état achevé : un vrai livre dédicacé avec fierté.

manuscrit

20 / Pour le mot de la fin, je vous propose de recopier ici le dernier mot de votre roman :

« arrivé ».

– Entretien réalisé par Damien Porte-Plume

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