Le Cercle des écritures de Nantes

Avis de lecture sur « La chute de Toulon » d’Alain Leroux

In Café littéraire, Critique littéraire, Edition, Partenaire on septembre 24, 2015 at 10:16
  • Auteur : Alain Leroux.
  • chute-toulon-alain-lerouxBio : Alain Leroux n’en est pas à son premier livre, loin de là : économiste et professeur d’économie politique (non pas à l’Université du Var mais à celle d’Aix-Marseille), il a publié plusieurs ouvrages traitant de cette discipline chez PUF et Economica. Il est reconnu comme l’un des principaux artisans de l’émergence de la philosophie économique et a principalement œuvré à créer un système destiné à lutter contre la pauvreté en France. Il est difficile de trouver des renseignements précis sur ses écrits de fiction (son nom, très répandu, n’y aide pas !) ; il semble cependant que leurs éditions soient plus récentes que celles de ses essais et qu’au moins un autre roman ait été publié : Alleins, également chez Delirium en 2012.

  • Titre : La chute de Toulon, éditions Delirium, 2014, 12€ (Le livre a été offert généreusement par la maison d’édition – également une association – pour obtenir l’avis d’un des participants de nos cafés littéraires).
  • Genre : polar / uchronie
  • Résumé : selon Alain Leroux, ça aurait pu se passer comme ça :Toulon est dirigée en coulisses par trois souverains officieux : Jules Stampa, proxénète érudit (si, si !) ayant la mainmise sur le quartier des filles à matelots, José Guerrero, personnage plutôt fruste, ancien joueur et président du club de rugby et Jacques Pirelli, vague économiste pontifiant dirigeant l’Université du Var. Ces trois seigneurs, par le biais de Stampa, vont prendre connaissance d’une prédiction de Nostradamus annonçant la chute d’une ville portuaire, supposée être Toulon, chute précédée par trois signes avant-coureurs qu’ils ne croient absolument pas réalisables. Pourtant, on s’en doute bien, c’est justement la lente mais inexorable mise en place de ces trois éléments qui nous est contée ici, menant donc à la chute fatidique du 19 avril 1984, qui n’est pourtant pas celle à laquelle on aurait pu s’attendre.Comme le laisse entrevoir ce résumé, l’histoire de fond de ce roman est plutôt originale. Est-elle vraie ? Non, on peut facilement vérifier qu’il ne s’est rien passé de tel en 1984. Elle se base cependant sur des faits (plus ou moins) plausibles, formant ce que l’on appelle une uchronie.
  • Avis : l’élément le plus remarquable, celui qui ressort immédiatement dès le début de son dernier livre, est le style de l’auteur, très soigné, aux tournures appliquées, tissé de belles phrases en très bon français. Je qualifierais même ce style d’érudit et, malheureusement, cela tourne parfois à l’exercice de style justement, apportant un côté chargé et forcé qui nuit à la fluidité de son récit. Il y a pas mal de périphrases par exemple. Néanmoins, les chapitres sont courts, le roman aussi (environ 170 pages) et cela reste très accessible.

Les points forts de l’histoire en elle-même résident dans son originalité et dans certaines caractéristiques des années 80 qui sont bien rendues, par exemple l’apparition du SIDA et l’ignorance qui l’entoure. Cependant, l’intrigue démarre lentement et, pendant de nombreuses pages, je ne voyais pas bien où l’écrivain voulait en venir. La trame est assez artificielle, sans nul doute parce que c’est un livre à message, analysant les rouages dont va découler la fameuse chute, transposant dans un passé réécrit des évènements qui pourraient aussi bien avoir lieu maintenant.

L’impression est similaire en ce qui concerne les personnages : ils sont indéniablement hauts en couleurs et les exposés de leurs destins sont souvent teintés d’humour ; hélas, la plupart d’entre eux (les trois compères cités plus haut, notamment Pirelli ; Josiane la prostituée ; Idriss le rugbyman burkinabais) nous sont présentés en début de roman, dans des chapitres successifs, comme des fiches d’identité qui se déroulent avant leur réelle mise en scène. Pour ma part, j’aurais apprécié qu’ils soient introduits en situation et que l’on apprenne leur histoire au fur et à mesure ; cela leur aurait donné plus de crédibilité, aurait permis de se pencher davantage sur leur ressenti face aux évènements et les aurait rendus plus attachants.

Au final, La Chute de Toulon montre d’indéniables qualités de forme et de fond, pourtant il ne m’a pas vraiment touché, la faute à une mise en place trop scientifique de l’intrigue et des personnages et à un style privilégiant souvent la tournure au détriment de l’émotion. Alain Leroux est sans doute habitué à des écrits plus didactiques. Son imagination, son humanisme et sa belle plume laissent cependant espérer une atténuation de ces défauts dans sa prochaine œuvre.

  • Note : 3/5 plumes

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– Stéphane

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