Le Cercle des écritures de Nantes

La fin du livre sera-t-elle pour 2013 ?

In Edition, Livres numériques on mars 7, 2013 at 11:17

Une prédiction millénaire du peuple Katchou-Katché qui vit tout nu en Amazonie a prédit la fin du livre pour 2013. Canular ou réalité ?

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Photographie : Académie de Toulouse

Il est vrai que certaines librairies indépendantes ont fermé, tant à cause de la concurrence d’Amazon que de la diminution de la place de la lecture dans nos loisirs.

Selon une enquête TNS-Sofres réalisée en 2008, le nombre de lecteurs dans la population française n’a pas diminué (il approche des 70%), le nombre de livres lus a diminué :

 » (…) si 42 % des Français lisaient plus de cinq livres en 1983, ils ne sont plus que 34 % aujourd’hui « .

Contrairement aux idées reçues, cette baisse serait imputée aux personnes âgées et non aux plus jeunes, mais l’enquête TNS-Sofres ne s’est pas intéressée aux moins de 18 ans. Les lecteurs moyens (de 6 à 20 livres par an) diminuent également, passant de 28 % en 1981 à 25 % en 2008.

 » Philip Roth a déjà soutenu qu’il y a même là un risque d’extinction pour le roman. Le patient tueur, on le connaît : l’ère numérique, qui a bien des qualités, mais qui propage le virus du « déficit d’attention ». C’est une ère de dispersion, de papillonnage, de messages surgissants, d’alertes, etc. Autant dire un complot contre les longues heures de concentration qu’exige le roman. » (Source  : Le Devoir)

Mais les petits lecteurs (entre 1 et 5 livres par an) sont plus nombreux, passant de 24% de la population à 35% sur la même période.

Les catégories socioprofessionnelles, les différences en fonction du sexe et du niveau d’instruction restent – malheureusement – inchangées. Les femmes lisent toujours plus que les hommes (75% contre 62%).

Par contre, on s’aperçoit avec plaisir que les grands lecteurs (plus de 20 livres par an) se retrouvent parmi toutes les catégories socio-professionnelles, même si les transports en commun dans les grandes villes continuent de favoriser la lecture.

 » Point intéressant de l’étude, Internet n’est pas nuisible, car « 13 % des Français qui surfent sur le web tous les jours ou presque sont de « grands lecteurs » (contre 9 % en moyenne) alors que seulement 20 % d’entre eux sont non-lecteurs (contre 31 % en moyenne). À l’inverse, parmi ceux qui n’utilisent pas l’outil Internet, 43 % sont non-lecteurs ».  » (Source : ActuaLitté)

Ce résultat  doit être relativisé. Depuis 2008, Internet s’est développé dans presque tous les foyers. L’accès à Internet n’est plus réservé aux catégories sociales les plus favorisées. Par ailleurs, les jeunes utilisent leur portable pour surfer sur Internet. Cet usage du téléphone va-t-il favoriser le développement des livres numériques ? Aux Etats-Unis, la vente d’ebooks vient de dépasser celle des livres papier pour 2012.  » (Source : 01.net).

En Belgique, « Pour 2015, l’institut de sondage Gfk s’attend ainsi à ce que les ventes de livres numériques atteignent plus de 3% des ventes, soit une augmentation de 400% en 3 ans. »  (Source : Express.be). Ces prévisions sont-elles valables pour la France ? Les Belges sont mieux équipés que les Français en tablettes numériques. L’évolution des moeurs suivra sans doute la diffusion des tablettes numériques, des liseuses et des portables 4G. En attendant, l’habitude que nous prenons d’acheter des livres sur Amazon (les ventes de livres par Internet sont passées de 8% en 2007 à 13% en 2010) nous prépare à les télécharger et à les lire sur un écran..

Pour autant, le livre numérique finira-t-il par remplacer le livre papier ?

Si des tableaux interactifs, des tablettes et des ordinateurs portables apparaissent déjà dans les écoles, on peut douter de la disparition totale du livre relié. Celui-ci prendra sans doute une autre forme. On note déjà le retour des illustrations dans les romans d’heroic-fantasy.

Le livre papier n’étant pas très interactif, c’est sur Internet que les lecteurs du futur trouveront leur espace multimédia : interviews exclusives de l’auteur, fiches de personnages, cartes, forum de discussion et fins alternatives. Les auteurs ont presque tous leur blog et leur page facebook. On voit de plus en plus de photographies en quatrième de couverture, etc.

La communication est avant tout visuelle, mais elle pourra aussi toucher l’audition, avec le développement des livres parlés, des audio-livres qui ne soient plus réservés aux enfants et aux publics « en situation de handicap sensoriel » mais diffusés auprès de tous à des prix abordables (en téléchargement….).

Dans ce monde en perpétuel mouvement, le livre papier deviendra-t-il une antiquité ? Comme les télévisions cathodiques du siècle dernier, les livres prennent de la place, ils s’écrivent en noir et blanc, ils n’ont qu’une seule chaîne. Certains brocanteurs ont déjà prévu que le livre relié devienne un objet de collection…

Aurons-nous un jour besoin d’un nouveau Champollion pour déchiffrer le Times New Roman taille 12 et le Garamond gras italique ? Je ne crois pas, tant que les maîtresses et les grandes-mères continueront à lire des histoires aux petits enfants…

Le peuple Katchou-Katché a peut-être prédit la fin du livre, mais on oublie souvent de dire que les Katchou-Katchéens ne savaient pas lire… 🙂

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