Le Cercle des écritures de Nantes

Se poser les bonnes questions 10/12 : comment finir mon histoire ?

In Conseils d'écriture on janvier 3, 2013 at 1:47

Comment écrire une « bonne fin » ? Selon que l’on écrive une nouvelle ou un roman (ou un cycle de romans), la fin de ne sera pas de même nature.

La fin d’une nouvelle

Dans une nouvelle, la fin résout le problème de départ, c’est une « chute » qui doit surprendre, attendrir ou horrifier votre lecteur. Quelques conseils :

1 – La fin doit à la fois surprendre et tout expliquer. Cela peut sembler un paradoxe, mais nous avons tous lu des nouvelles où la fin n’était pas celle que nous attendions et qui collait pourtant avec les faits. Le film Sixième sens traduit parfaitement ce concept, mais il y en a bien d’autres.

2 –  La fin doit être claire. Pas de fin en « queue de poisson » ou de fin ouverte, le lecteur n’apprécie pas. En tant qu’écrivain, vous devez vous engager à donner le fin mot de votre histoire. Vous n’êtes pas obligés de décrire ce qui arrive dans les menus détails, vous pouvez aussi suggérer la fin, sous-entendre par un fait ou par une phrase la nature de ce qui s’est réellement passé.

Par exemple, dans Oedipe Roi de Sophocle, la suicide de Jocaste est rapporté par les paroles d’un personnage, et dans les nouvelles de Lovecraft, la terrible révélation faite par le narrateur est souvent suivie d’un élément matériel, d’un fait météorologique ou d’une brève dans un journal local qui apporte la « preuve » que cette révélation n’était pas qu’un simple délire…

3 – La phrase de la fin est aussi importante que celle du début. Pensez à donner un sens (ou même un second sens) à la fin de votre roman. A la fin de Candide, Voltaire écrivait « Il faut cultiver notre jardin », phrase qui a été très critiquée à l’époque (comment peut-on terminer un conte philosophique par une phrase aussi triviale ?) mais qui est restée comme un exemple de phrase simple et mystérieuse à la fois, sur laquelle on peut réfléchir à loisir. Évitez par contre la fin de type « mais en fait, ils ne sont pas tous morts, il en restait un… ». C’est cliché.

La fin d’un roman

Dans un roman, on suit la vie d’un ou plusieurs personnages qui affrontent une série d’épreuves. Le personnage principal (le héros) aura évolué, c’est-à-dire qu’il sera devenu différent du personnage qu’il était au début de l’histoire, qu’il aura des réponses aux questions qu’il se posait. Peut-être aura-t-il réalisé la prophétie et sera-t-il devenu l’élu dont parlent beaucoup d’histoires ces dernières années ? Peut-être aura-t-il fait d’horribles découvertes sur sa famille ou la nature de la réalité ? Peut-être aura-t-il simplement grandi, retrouvé son frère, trouvé un trésor ou gagné un royaume ? Peu importe votre histoire, ce qu’il vous faut, c’est :

1 – La fin doit être adéquation avec le commencement de votre histoire. L’histoire est-elle cohérente ? Tous les mystères sont-ils résolus ? Vous pouvez en laisser certains de côté pour écrire une suite, mais il ne vaut mieux ne pas compter dessus pour une première publication.

2 – Le héros doit avoir évolué. Réfléchissez au parcours réalisé par votre héros. A-t-il évolué positivement ou négativement ? A-t-il tout gagné ou tout perdu dans cette histoire ? L’évolution peut être matérielle (la richesse), spirituelle (il a réalisé sa quête personnelle), amoureuse (il a trouvé son âme soeur) ou tout ça à la fois. Le héros peut ne pas avoir évolué du début à la fin du roman si votre histoire ne constitue qu’un épisode d’une longue saga. Les relations aux autres personnages, par contre, peuvent avoir évolué : une histoire d’amour, de nouveaux amis, de nouveaux ennemis,  un regard nouveau sur les membres de sa famille, etc.

Même si vous écrivez un polar, dites-vous que le crime n’est qu’un prétexte, que le sujet du crime doit avoir un rapport le héros, que la mission qui lui est confiée lui a été donnée à un moment clef de sa vie et que la résolution du crime trouvera un reflet dans la résolution d’un problème personnel (un vieux souvenir qu’il avait refoulé, la peur du vide, la volonté de se ranger…).

3 – Vous pouvez prévoir une fin à rebondissement.Votre lecteur a sans doute deviné la fin. Étonnez le en créant des rebondissements ou des révélations de dernière minute (dont vous aurez laissé quelques indices auparavant) avec une deuxième, voir une troisième fin. C’est une pratique scénaristique très répandue dans le cinéma. Même si votre héros revient à la situation de départ (il retrouve son village, sa femme, sa famille…), il ne vous est pas impossible de remettre en question de nouveau cette stabilité, d’instaurer un doute dans le bonheur retrouvé…

Par exemple, il peut être intéressant de vous écarter à la fin de votre personnage principal et de faire comprendre à votre lecteur que votre héros en réalité n’a rien compris ou n’a rien résolu (par exemple une superbe enquête sur un serial killer qui se termine par un nouveau meurtre…), ou que le narrateur n’est pas le gentil héros que l’on imaginait (cf. Le meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie).

Il restera ensuite à corriger votre roman, avant de l’envoyer à un éditeur.

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