Le Cercle des écritures de Nantes

Se poser les bonnes questions 3/12 : à quel temps écrire ?

In Conseils d'écriture on septembre 7, 2011 at 1:51

Dois-je écrire au passé ou au présent ? Si vous écrivez au présent, vous serez parfois amené à parler du passé d’un personnage ou de ce qui s’est passé « avant ». Il vous faudra alors faire attention à la concordance des temps. Utilisez le passé composé mais jamais de passé simple. Malgré cette difficulté, une écriture au présent rend le texte à la fois plus proche et plus commun, il est bien adapté à une écriture journalistique.

Le plus simple est peut-être d’écrire au passé. Attention cependant à la façon dont vous alternez vos passés simples et vos imparfaits. Le passé simple s’utilise pour des actions ponctuels, l’imparfait s’inscrit dans le temps. Par exemple, je mangeais tranquillement quand soudain, Superman arriva ! 🙂

Les Guerriers du Silence

Les Guerriers du Silence

Dans les Guerriers du Silence (1993), Pierre Bordage utilise une astuce particulière pour résoudre un problème de concordance temps. Dans un récit écrit au passé, il veut raconter les souvenirs d’Aphykit, quand elle est capturée et vendue au marché aux esclaves. Comment écrire au passé du passé ? Doit-il utiliser le plus-que-parfait ? Ce temps éloigne le lecteur de l’histoire (« Aphykit avait été capturée… »). Bordage choisit d’interrompre sa narration au passé et d’écrire plusieurs paragraphe au présent. Le changement de temps établit une rupture dans la narration. Le présent n’est pas celui de « maintenant » mais de l’histoire telle qu’elle est vécue par Aphykit, comme si elle revivait ce dont elle se remémorait. Au niveau stylistique, cela se rapproche assez du style indirect libre (quand l’auteur retranscrit les pensées d’un personnage sans mettre les guillemets).

Le découpage du scénario permet de contourner le problème de concordance des temps. Il suffit de changer de chapitre quand on change d’époque. C’est ce qu’utilisent beaucoup les auteurs américains qui aiment multiplier les flashbacks dans leurs histoires. Le fil de l’histoire est parfois difficile à recomposer, si bien que certains auteurs jouent sur cette confusion : on ne sait plus quelle histoire se déroule avant l’autre, on ne sait pas quand les personnages vont finir par se croiser… Les dessinateurs de BD américains utilisent également ce mode de narration quand ils éclatent une page en cinq ou six dessins. Au lecteur de comprendre dans quel sens la BD se lit… L’histoire gagne en rythme, mais elle casse la narration. C’est un choix stylistique.

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